Exchanges with Anne-Louise Boivin d’Hardancourt Brillon de Jouy: Six Letters circa July 27, 1778 (V)
ALS: American Philosophical Society
ce 25 a passy

Vous me demandés la liste de vos péchés mon chér papa; elle seroit si longue, que je n’ose entreprendre ce grand ouvrage; vous n’en faittes pourtant qu’un; mais il a tant de branches, il se répétte si souvent, qu’il faudroit des calculs infinis pour en trouvér le nombre juste; et vous voulés aprés cela que je vous pardonne, moi qui suis votre diréctrice: si j’etois homme, c’est tout ce que je pourrois faire; mais je ne puis en vérité suivant ma consçience, et mon intérest surtout, tolérér le systéme dangereux “que l’amitié qu’on a pour les fémmes, est divisible a l’infini.” C’est ce que vous cherchés a prouvér tous les jours mon chér papa, et ce dont je ne m’accomoderai jamais: mon coeur capable d’aimér beaucoup a choisi peu d’objéts pour reposér sa tendrésse; elle les a bien choisi, vous éstes a la teste: en éparpillant votre amitié comme vous faittes mon amitié ne diminuera pas, mais j’essayerai d’estre un peu plus sévére sur vos fauttes que par le passé, pour voir si je rattraperai par la une partie de ce que je crois devoir m’appartenir pour prix du sentiment que j’ai pour vous; voila mon sistéme a moi; guérre ouvérte la dessus je ne vous passerai plus rien. J’y suis décidé, oui tout aussi décidé qu’a vous aimér toujours: j’ai l’honneur d’éstre mon chér papa: Votre trés humble et trés obéissante sérvante

D’hardancourt Brillon

Addressed: A Monsieur / Monsieur Benjamin Franklin / A Passy
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