From the Chevalier de Kéralio (unpublished)
Paris, Le 7e août, 1783.

Plaignés notre bonne Douairiere, mon respectable ami; elle part demain et n’a pu vous aller demander votre bénédiction; elle me charge de vous peindre tout le regret qu’elle a de vous quitter; mais comment y parvenir? Il est trop profond; il faudroit sentir comme elle pour le rendre: recevés de sa part les embrassements de l’amitié la plus tendre, et assurés Mr. votre petit-fils de son attachement le plus vrai: elle part demain pour aller à Tugny en champagne où se fait la noce de son fils, et de là à Forbach ou elle à grand besoin d’arriver après les peines, les soins et les embarras dont elle a été accablée en ce pays-ci.

Pour moi, mon respectable ami, je suis à vos pieds et j’y dépose l’hommage de la vénération que je vous dois: l’héroisme est sans doute la collection de toutes les vertus, et d’après cette définition, qui fut jamais plus héros que vous? Vous étes et vous serés toujours le mien. Continués vos Bontés à l’homme du monde qui se fera toujours gloire de vous être le plus respectueux et dévoué

Le chevalier De Keralio

Permettés que j’embrasse le plus tendrement M. votre petit-fils, je me recommande à son souvenir et à son amitié. Savés vous que le vaisseau l’américa est arrivé à Brest. Les gens de l’art le trouvent d’une belle construction et d’un fini admirables. De jeunes francois ont dit que les ornements n’étoient pas de bon gout. Vous les reconnoissés.
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